Un dialogue sur le commerce intra zone

Publié le 2 Décembre 2013

Pourquoi construire un ensemble intégré ? On peut considérer que c’est une forme de réponse à la mondialisation : dans un monde où règne une concurrence féroce, les pays souhaitent être moins vulnérables. En s’unissant à leurs plus proches voisins, ceux qui souvent leur ressemblent le plus, en particulier sur le plan culturel et économique, ces pays souhaitent être plus forts, limiter les risques, peser davantage dans les négociations internationales.


Selon la lettre de politique sectorielle du Ministère du Commerce (2012 – 2016), l’économie Sénégalaise est bien intégrée au plan régional, avec près de 50% des exportations vers le continent africain, en dépit des régimes de préférence commerciale dont bénéficie le Sénégal, notamment, l’initiative européenne « Tout sauf les armes » ; la loi américaine sur les opportunités et la croissance en Afrique (AGOA) et les systèmes généralisés de préférence (SGP) des pays partenaires. Toutefois le processus d’intégration en Afrique de l’ouest est encore plombé par un certain nombre de contraintes qu’il convient de résoudre, afin d’améliorer substantiellement les échanges intra-communautaires. L’Afrique de l’Ouest est caractérisée également par de multiples fragmentations qui constituent des obstacles au développement des transactions commerciales formelles : de la fragmentation monétaire, de la fragmentation des politiques fiscales, la fragmentation commerciale, l’incomplétude du marché.


D’un bout à l’autre du continent, les contraintes sont nombreuses et empêchent le développement de l’intégration économique : absence ou défectuosité des infrastructures, tarifs douaniers relativement élevés entre pays, nombre limité de produits et de services à échanger, marginalisation du secteur privé régional, formel comme informel, tracasseries douanières et administratives de toutes sortes, manque de systèmes d’informations fiables sur les opportunités et les marchés régionaux, non application des règlements et des engagements par les Etats, entre autres.


L’intégration économique résulte d’une construction, elle ne peut pas se faire du jour au lendemain. On distingue traditionnellement cinq étapes dans cette construction :
- Création d’une simple zone de libre-échange entre les pays membres (suppression des barrières douanières entre les pays).
- Transformation de cette zone de libre-échange en union douanière quand les pays adoptent un tarif douanier commun vis-à-vis des pays non membres.
- Marché commun quand la libre circulation ne concerne plus seulement les marchandises mais aussi les capitaux et les hommes.
- Union économique quand les pays membres décident d’harmoniser leurs politiques nationales pour éviter les tensions entre eux.
- Intégration économique et sociale, enfin, quand les membres de l’Union en viennent à créer des institutions politiques qui gèrent les intérêts communs.


Soulignons que les pays peuvent décider de franchir deux étapes à la fois … Cela signifie que le processus n’est pas linéaire, les étapes peuvent s’entremêler. Mais chaque étape et importante, voir indispensable pour la construction de cette intégration.


Le rôle positif du commerce dans le développement économique et social des nations est déjà largement documenté. D’après la note de présentation sur le Dialogue régional multi-acteurs de Enda CACID, l’existence d’une relation entre l’élimination des restrictions au commerce et l’augmentation du progrès économique et social est en effet communément admise. C’est en vertu de cette croyance que les pays africains se sont engagés, sur leurs propres initiatives, mais aussi souvent, suite aux conseils et recommandations des institutions internationales et des partenaires au développement, à libéraliser leur commerce des biens et des services.

Abdoulaye NDAO

abdoulayendao@gmail.com

« Le bon sens est la chose la mieux partagée»

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